• Chapitre 2

    Quand sa mère rentra du marché, Eara était toujours au même endroit, debout et immobile. Le cheval s'était rapproché et avait enfoui son museau de velours dans son cou, sous ses cheveux blonds argentés, comme pour la réchauffer.

    Dès qu'elle vit la scène, sa mère sauta de la carriole et courut vers son mari, effondré contre l'écurie.

    - Il a fait une chute, c'est ça ? Je savais bien que ce cheval était encore fougueux! Il...

    Elle se tut. Elle comprit. Elle releva vers sa fille un visage chargé de tristesse.

    - Que s'est-il passé ? Racontes-moi tout.

    Alors elle raconta. Elle raconta le cheval, elle raconta la bonne humeur. Elle raconta l'ombre et la main noire. Elle raconta la mort et le silence.

    Sa mère prit une grande inspiration.

    - Il faut l'enterrer.

    L'effort physique avait quelque chose de réconfortant après les événement récents. Eara puisait une sorte de réconfort à défouler sa rage contre la terre froide de l'automne. Après avoir recouvert le corps de son père, elle s'assit près de la tombe, et fixa le sol meuble, dernière trace de l’existence de son père.

    - Il faut partir. Quitter les collines, aller en ville.

    Eara leva la tête vers sa mère.

    - Les démons sont des créatures très fières, poursuivit cette dernière, et ils ne laisseront pas la mort de l'un d'entre eux impunie. Ils reviendrons se venger, et, ce jour là, on ferait mieux d'être loin. Je vais chercher les affaires importantes et les mettre dans la charrette.

    La jeune fille admirait le courage de sa mère. Elle même ne se sentait pas même capable de réfléchir, et encore moins de prendre des décisions. Elle resta prostrée devant la tombe tandis que sa mère chargeait la carriole. Son cheval gris broutait un peu plus loin, sans plus s'intéresser à elle.

    Le chargement lui paru durer une éternité, et elle suivit sa mère sans rechigner lorsqu'elle lui annonça que tout était prêt.

    Toutefois, alors que la charrette s'éloignait de la maison en grinçant sur ses essieux, Eara se souvint soudainement d'un objet qu'elle n'abandonnerait pour rien au monde, surtout pas maintenant. Elle sauta au sol et courut vers les écuries, obligeant sa mère à s'arrêter pour l'attendre.

    Il faisait sombre à l'intérieur, toute les bougies avaient été éteintes ou emportées. Pourtant, elle retrouva sans peine la sellerie, presque vide. Elle fouilla au milieu des brosses en crin et des vieux licols et finit par le brandir, victorieuse : le petit cheval de bois sculpté par son père quand elle était petite. Bien sûr, ce n'était pas du grand art : il avait une queue trop longue, et une écharde sur le dos, mais elle l'aimait bien. Elle se souvenait de la remarque qu'elle avait fait le jour où son père le lui avait offert : "moi, je ne monterais pas sur un cheval comme ça, ça doit faire mal aux fesses."Son père lui avait ébouriffé les cheveux en rigolant.

    Ce rire, elle ne l'entendrait plus jamais, elle le savait. Elle rejoignit sa mère sur la charrette en serrant fort son petit cheval, comme si il risquait de tomber et de se briser. Comme son bonheur.

    Tandis que la petite maison disparaissait entre les arbres, avec ses chèvres en liberté qui broutaient tout autour, Eara sentit sa gorge se nouer.

    Plus jamais elle ne reverrait sa maison, plus jamais elle ne verrait son père. Plus jamais elle n'entendrait son rire franc pendant qu'il répare le toit de la grange, ou ses bougonnements quand une chèvre ne veut pas rentrer dans l'enclos.

    A partir de maintenant, plus rien ne sera jamais comme avant.

     

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  • Commentaires

    1
    Mercredi 18 Janvier 2017 à 06:46
    C'est bon j'ai lu ^^ (et j'ai repéré deux faute bête que tu sais forcément mais genre des fautes de vitesse.)
    2
    Mercredi 18 Janvier 2017 à 07:07

    (va y , dis moi où, je pourrais les corriger)

    3
    Mercredi 18 Janvier 2017 à 12:59
    (Au début "tous ses cheveux blond"s" argentés" je crois qu'il y a un s a blond
    "Elle releva ver"s" sa fille.." Tu as oublié le s
    "Avec ses chèvre"s"..." T'as oublié le s du pluriel.
    Après je me suis peut-être trompé et c'est moi qui sais pas écrire)
    4
    Mercredi 18 Janvier 2017 à 13:00

    Tu as tout à fais raison, merci ! Je corrige ça tout de suite !

    5
    Mercredi 18 Janvier 2017 à 13:01
    De rien ^^
    6
    Vendredi 20 Janvier 2017 à 22:09

    Perso j'ai remarqué qu'il manquait un mot (tkt tout le monde fait des fautes bêtes) à la dernière phrase du troisième paragraphe en partant de la fin tu as écrit : Son lui avait ébouriffé les cheveux. Je pense que tu voulais dire : son père lui avait ébouriffé les cheveux. ^^

    7
    Vendredi 20 Janvier 2017 à 22:11

    j'avais pas remarquer moi... la quiche que je fais... ^^

    8
    Vendredi 20 Janvier 2017 à 22:20

    Ben c'est juste que ça t'a paru naturel. Enfin je veux dire que c'était tellement ce que tu t'attendais à voir que tu n'as pas remarqué que ça n'y était pas xD

    9
    Vendredi 20 Janvier 2017 à 22:21

    ah oui ^^ fort possible ^^ (pourquoi les prof de frnaçais ne sont pas comme moi :snif:)

    10
    Vendredi 20 Janvier 2017 à 22:22

    xD les profs de français sont des snipers 

    11
    Vendredi 20 Janvier 2017 à 22:22

    mdr enfin, la science me sauvera ^^ 

    12
    Vendredi 20 Janvier 2017 à 22:25

    Ouais ^^ Perso la science c'est pas trop ça j'en attend davantage de la dictée.

    13
    Vendredi 20 Janvier 2017 à 22:26

    ça ne m'étonne pas de toi ^^ 

    14
    Vendredi 20 Janvier 2017 à 22:27

    (vais au lit bonne nuit)

    15
    Vendredi 20 Janvier 2017 à 22:29

    Bonne nuit !! (J'y vais aussi de toute façon) ^^

    16
    Mercredi 25 Avril à 23:29

    En bonne fille de prof de français, je peux pas m'empêcher de corriger les fautes... x)

    -"Le cheval s'était rapproché et avait enfoui son museau de velours sous ses cheveux blonds argentés..." Comme l'a dit Fidaè pour les deux dernières fautes.

    -"Elle se tut."

    -"Que c'est t-il passé ? Racontes moi tout." Il me semble qu'il n'y a pas de 's'

    -"...et ils ne laisseront pas la mort de l'un d'entre eux impunie. Ils reviendront se venger..."

    -"Son cheval gris broutait un peu plus loin, sans plus s'intéresser à elle."

    -"À partir de maintenant, plus rien ne serait jamais comme avant." J'aurai plutôt mis à l'imparfait, comme tu as pu le voir. Mais après, tu fais comme tu veux, hein.

    17
    Mercredi 25 Avril à 23:38

    Merci Jolie Lune ! Mais ça tombe très bien, ce vieux texte aurait bien besoin de ce dépoussiérage.

    Pour le "que s/c'est-il passé", tu es sûre de toi ?

    18
    Mercredi 25 Avril à 23:44

    Ah, non, désolée, j'ai rien dit pour c'est/s'est, c'est bel et bien 's'est'. :/

    Et de rien ! Au passage, j'adore déjà !

    19
    Mercredi 25 Avril à 23:46

    Il me semblait bien... Le reste je corrige demain.

    Il faudrait que je pense un jour à écrire une suite alors... oops

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